As-tu déjà posé une grande question sans jamais recevoir de réponse ?

Tu as peut-être demandé pourquoi le ciel est bleu, pourquoi on doit aller à l'école, ou quel est le but de tout ça. Albert Camus était un philosophe qui a passé sa vie à réfléchir à ce qui se passe quand les humains cherchent un sens dans un monde qui reste silencieux. Il a appelé ce sentiment étrange l'Absurde, et il pensait que c'était le point de départ d'une vie vraiment courageuse.

Le garçon de la côte ensoleillée

Albert Camus n'a pas commencé sa vie dans une bibliothèque ou une université. Il est né en 1913 en Algérie, un pays d'Afrique du Nord qui était alors sous administration française. Sa famille était très pauvre : ils vivaient dans un petit appartement sans eau courante ni électricité. Sa mère travaillait comme femme de ménage et ne savait ni lire ni écrire.

Le jeune Albert passait ses journées à jouer au football dans les rues poussiéreuses ou à nager dans le bleu éclatant de la mer Méditerranée. Il aimait la sensation du soleil chaud sur sa peau et l'eau fraîche contre son corps. Ce lien avec le monde physique est resté en lui pour toujours. Même quand ses idées devenaient compliquées, il revenait toujours aux joies simples d'être vivant.

Imaginez
Une plage ensoleillée de la Méditerranée dans un style aquarelle.

Imagine une plage en Algérie. Le sable est blanc et chaud. L'eau est si bleue qu'on dirait de l'encre. Tu peux sentir le sel et les pois chiches grillés d'un stand de rue. C'était le « bureau » d'Albert avant même qu'il ait un bureau. Il croyait que la beauté de la nature était la toute première chose que nous devrions apprendre.

Quand Albert n'était qu'un bébé, son père est mort à la guerre. Cela signifie qu'il a grandi dans une maison pleine de silence. Comme sa mère parlait très peu, Albert est devenu un observateur attentif du monde. Il a remarqué à quel point la vie pouvait être belle, mais aussi avec quelle rapidité elle pouvait être enlevée.

Lorsqu'il était adolescent, il est tombé très malade d'une maladie des poumons appelée la tuberculose. Pendant longtemps, il a pensé qu'il allait mourir. Cette expérience l'a changé : il a réalisé que la vie est fragile et que nous ne pouvons pas tenir un seul jour pour acquis.

Finn

Finn says:

"Donc, Camus n'avait pas toutes les réponses, et il pensait que c'était normal ? C'est rassurant. Parfois, j'ai l'impression d'être le seul à ne pas comprendre ce qui se passe."

Le mystère de l'Absurde

En grandissant, Camus a commencé à écrire sur une grande idée qu'il appelait l'Absurdisme. Pour comprendre cela, imagine que tu te trouves au bord d'un immense canyon profond. Tu cries : « Quel est le sens de ma vie ? » dans l'obscurité. Tu attends une réponse, mais tout ce que tu entends, c'est ton propre écho.

Camus disait que les humains ont une soif naturelle d'ordre, de raisons et de réponses claires. Nous voulons savoir pourquoi les choses arrivent. Cependant, l'univers ne semble pas avoir de manuel d'utilisation. Il est vaste, vieux et très silencieux. L'Absurde, c'est le frottement entre nos questions bruyantes et le silence du monde.

Le saviez-vous?
Un jeune Albert Camus en tant que gardien de but de football.

Avant d'être un écrivain célèbre, Albert Camus était un gardien de but vedette pour son équipe de football universitaire ! Il a dit un jour : « Tout ce que je sais de plus sûr sur la morale et les obligations des hommes, c'est au football que je le dois. » Il aimait la façon dont le foot exigeait du travail d'équipe, de l'honnêteté et la capacité de gérer le fait que, parfois, on perd même quand on joue bien.

Beaucoup de gens pensent que cela semble un peu triste, mais Camus ne le pensait pas. Il croyait qu'une fois que nous acceptons que l'univers n'a pas de plan pré-écrit pour nous, nous sommes en réalité libres. Nous n'avons pas à suivre un scénario. C'est à nous de décider ce qui compte pour nous, ici et maintenant.

Imagine que tu joues à un jeu sans règles. Au début, cela peut paraître déroutant. Mais ensuite, tu réalises que tu peux inventer tes propres règles. Tu peux décider que le but du jeu est simplement de profiter de la sensation de l'herbe sous tes pieds.

Albert Camus

Au milieu de l'hiver, j'apprenais enfin qu'il y avait en moi un été invincible.

Albert Camus

Camus a écrit cela dans un essai intitulé « Retour à Tipasa ». Il visitait un endroit magnifique de son enfance pendant une période difficile de sa vie, et il a réalisé que son bonheur intérieur ne dépendait pas de ce qui se passait à l'extérieur.

L'histoire de la pierre qui roule

Pour expliquer ses idées, Camus a utilisé une vieille histoire de la mythologie grecque : l'histoire de Sisyphe. Dans le mythe, Sisyphe est puni par les dieux. Sa tâche est de pousser un rocher géant jusqu'au sommet d'une montagne escarpée. Chaque fois qu'il atteint le sommet, le rocher lui échappe et redescend tout en bas.

Sisyphe doit redescendre la colline et recommencer. Il fait cela pour l'éternité. Pour la plupart des gens, cela ressemble à la pire punition imaginable. C'est un travail qui ne finit jamais et n'a aucun but. C'est la définition même d'une tâche « inutile ».

Essayez ceci

Pense à une corvée que tu dois faire chaque jour, comme faire ton lit ou débarrasser la table. Au lieu de te dire « Je dois encore faire ça », essaie de te concentrer entièrement sur le mouvement. Remarque le poids des assiettes ou la douceur des draps. Peux-tu trouver un moyen d'apprécier le mouvement lui-même, même si la tâche ne s'arrête jamais vraiment ?

Mais Camus voyait Sisyphe différemment. Il se concentrait sur le moment où Sisyphe fait demi-tour et redescend la montagne pour retrouver son rocher. À ce moment-là, Sisyphe est plus fort que son rocher. Il sait exactement ce qu'est sa vie : c'est la lutte de l'ascension.

Camus affirmait que nous sommes tous un peu comme Sisyphe. Nous nous brossons les dents, nous allons à l'école, nous faisons nos corvées, et nous recommençons le lendemain. Mais si nous décidons que l'effort lui-même en vaut la peine, la punition perd son pouvoir. Nous ne sommes pas les victimes de la tâche : nous sommes les maîtres de notre propre effort.

Albert Camus

La lutte elle-même vers les sommets suffit à remplir un cœur d'homme. Il faut imaginer Sisyphe heureux.

Albert Camus

C'est la dernière phrase de son livre « Le Mythe de Sisyphe ». Il affirme que même si une tâche semble répétitive, le fait de l'accomplir avec concentration et courage peut permettre à une personne de se sentir accomplie.

Comment être un rebelle

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Camus vivait en France alors qu'elle était occupée par une armée ennemie. Il a rejoint la Résistance, un groupe secret de personnes qui luttaient pour la liberté. Il a dirigé un journal clandestin appelé Combat. Durant cette période dangereuse, sa philosophie est passée de la réflexion sur lui-même à la réflexion sur les autres.

Il a développé l'idée de l'Homme révolté. Pour Camus, un rebelle n'est pas quelqu'un qui enfreint les règles juste pour s'amuser. Un rebelle est quelqu'un qui dit « Non » à l'injustice. Quand tu vois quelqu'un être mal traité et que tu dis : « C'est mal », tu agis en rebelle.

Mira

Mira says:

"C'est comme si Camus disait que, puisque rien n'est prévu pour nous, c'est à nous de prendre soin les uns des autres. Notre amitié est quelque chose que nous *créons*, pas juste un truc qui arrive par hasard."

Camus pensait que même si la vie n'a pas de sens intégré, nous pouvons créer du sens en nous aidant les uns les autres. Il appelait cela la Solidarité. Si nous sommes tous coincés ensemble sur cette planète silencieuse, la meilleure chose que nous puissions faire est d'être gentils et de lutter contre la souffrance.

  • La Révolte : Refuser d'abandonner même quand les choses sont difficiles.
  • La Liberté : Penser par soi-même au lieu de suivre la foule.
  • La Passion : Vivre la vie aussi pleinement que possible, comme savourer un fruit ou profiter d'une baignade.

Deux côtés
Le Nihilisme croit que

Le monde est fondamentalement chaotique et n'a aucun sens. Nous devrions juste nous amuser car rien ne compte sur le long terme.

Camus croyait que

Le monde n'a peut-être pas de sens intégré, mais cela nous donne la responsabilité de créer notre propre sens par la gentillesse et la justice.

Vivre au milieu

Camus était souvent comparé à un autre penseur célèbre nommé Jean-Paul Sartre. Ils ont été amis pendant un temps, mais ils ont eu une dispute célèbre. Sartre pensait que les gens devaient rejoindre de grands groupes politiques pour changer le monde, même si cela signifiait utiliser un peu de violence.

Camus n'était pas d'accord. Il se méfiait de toute grande idée qui disait qu'il était acceptable de blesser des gens aujourd'hui pour un « monde parfait » demain. Il croyait en la Modération. Il pensait que nous devrions essayer de faire le bien de manières petites et concrètes dès maintenant, plutôt que d'attendre une révolution.

Le saviez-vous?
Un homme en trench-coat dans une ville brumeuse.

Camus était une sorte d'icône de la mode sans le vouloir. On le voyait souvent portant un lourd trench-coat avec le col relevé. Les gens trouvaient qu'il ressemblait à une star de cinéma cool dans un film de détectives, ce qui a aidé sa philosophie difficile à paraître plus « branchée » et accessible aux jeunes.

Il disait souvent qu'il se sentait pris entre deux choses : la beauté du monde (comme le soleil en Algérie) et la souffrance du monde (comme la guerre et la pauvreté). Il ne voulait pas ignorer la souffrance, mais il ne voulait pas non plus oublier la beauté. Il essayait de tenir les deux dans ses mains en même temps.

À travers les âges : L'idée de l'Absurde

Grèce antique (v. 400 av. J.-C.)
Le mythe de Sisyphe est raconté comme une histoire effrayante sur une punition éternelle infligée par les dieux.
Les années 1800
Des penseurs comme Søren Kierkegaard commencent à écrire sur le « saut de la foi » nécessaire pour faire face aux grands mystères de la vie.
1942
Camus publie « Le Mythe de Sisyphe », transformant la vieille punition grecque en un symbole du courage humain.
Aujourd'hui
Les gens utilisent l'humour « absurde » (comme certains mèmes bizarres sur Internet) pour trouver de la joie et rire dans un monde qui semble souvent déroutant.

Le plus jeune lauréat

En 1957, Albert Camus a remporté le Prix Nobel de littérature. Il n'avait que 43 ans, ce qui en faisait l'un des plus jeunes lauréats de l'histoire. Lors de son discours, il n'a pas parlé de sa propre grandeur. Au lieu de cela, il a expliqué que les écrivains ont le devoir de parler pour ceux qui ne peuvent pas s'exprimer eux-mêmes.

Même après être devenu célèbre, Camus est resté un peu à part. Il n'aimait pas les fêtes mondaines ou agir comme un « grand intellectuel ». Il préférait passer du temps avec ses amis, regarder des matchs de foot et marcher au bord de la mer. Il n'a jamais oublié le petit garçon pauvre d'Alger.

Finn

Finn says:

"Je me demande s'il pensait au rocher de Sisyphe quand il jouait au foot. Tu sais que le ballon finira par sortir du terrain, mais tu joues quand même de toutes tes forces."

Tragiquement, Camus est mort dans un accident de voiture en 1960. Il n'avait que 46 ans. Dans sa poche, on a trouvé un billet de train non utilisé : il avait prévu de prendre le train mais avait décidé au dernier moment de faire la route avec son ami. Ce fut une fin soudaine et silencieuse pour une vie passée à réfléchir à la nature inattendue du monde.

Ses livres sont encore lus par des millions de personnes aujourd'hui. On se tourne vers Camus quand on se sent perdu ou quand le monde semble n'avoir aucun sens. Il nous rappelle que même si nous n'avons pas toutes les réponses, nous pouvons toujours choisir d'être courageux, d'être gentils et de profiter du soleil tant qu'il brille.

Albert Camus

La seule façon de traiter un monde sans liberté est de devenir si absolument libre que ton existence même soit un acte de rébellion.

Albert Camus

Camus croyait que nous ne devrions pas attendre que le monde change pour commencer à vivre sincèrement. En étant nous-mêmes et en étant gentils dans un monde dur, nous nous « réveltons » contre l'obscurité.

À méditer

Si tu étais Sisyphe, à quoi penserais-tu en redescendant la montagne ?

Il n'y a pas de bonne ou de mauvaise réponse. Certains pensent qu'il préparerait sa prochaine montée, tandis que d'autres pensent qu'il regarderait les fleurs sur le flanc de la colline. D'après toi, qu'est-ce qui rend la marche valable ?

Questions sur Philosophie

Albert Camus était-il existentialiste ?
Bien qu'il soit souvent regroupé avec des existentialistes comme Sartre, Camus préférait en réalité le terme « Absurdiste ». Il n'aimait pas certaines idées politiques défendues par les existentialistes.
Pourquoi a-t-il écrit sur Sisyphe ?
Il a utilisé Sisyphe comme une métaphore de la condition humaine. Il voulait montrer que même si nos vies semblent répétitives ou difficiles, nous pouvons toujours trouver de la dignité et du bonheur dans nos efforts.
L'Absurdisme est-il la même chose que le Nihilisme ?
Non ! Le nihilisme dit que puisque rien n'a d'importance, nous ne devrions nous soucier de rien. Camus affirmait le contraire : parce qu'il n'y a pas de sens déjà prêt, nos choix et notre gentillesse comptent encore plus.

Ton propre été invincible

Albert Camus nous rappelle que nous n'avons pas besoin que l'univers nous donne une autorisation pour être heureux. Nous n'avons pas besoin d'un grand plan pour être gentils. Comme un gardien de but attendant le ballon, ou Sisyphe rejoignant sa pierre, nous pouvons trouver notre propre rythme dans le mystère. La prochaine fois que les choses te sembleront un peu « absurdes », rappelle-toi que c'est toi qui décides de ce qui se passe ensuite.