Imagine que tu tiens un spaghetti sec dans une main et un élastique dans l'autre.
Si tu tires sur les deux, le spaghetti se casse net, mais l'élastique s'étire et reprend sa forme. En psychologie, on appelle cette capacité à « rebondir » la Résilience. C'est un mot qui a traversé des siècles d'histoire pour décrire la façon dont les humains gèrent le Changement et les Défis.
Il y a bien longtemps, dans les rues animées de la Grèce antique, les gens se demandaient déjà pourquoi certains semblaient mieux gérer les moments difficiles que d'autres. Ils n'avaient pas encore le mot résilience, mais ils avaient une philosophie appelée le Stoïcisme.
Imagine un bol du Japon qui est tombé et s'est brisé. Au lieu de le jeter, un artiste assemble les morceaux avec de l'or. C'est ce qu'on appelle le Kintsugi. Le bol est maintenant plus solide et plus beau grâce à ses fissures. La résilience est comme cet or : c'est ce qui nous maintient soudés après avoir été blessés.
Les Stoïciens vivaient dans un monde souvent imprévisible et dangereux. Ils ont réalisé que même si nous ne pouvons pas contrôler la météo, les guerres ou la mauvaise humeur de nos voisins, nous pouvons contrôler notre façon de penser à ces choses.
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Ce n'est pas ce qui t'arrive, mais la façon dont tu y réagis qui compte.
Cette idée était comme un bouclier secret pour l'esprit. Si tu pouvais décider de ce que tu ressentais face à un problème, le problème perdait son pouvoir de te briser. C'était la forme la plus ancienne de ce que nous appelons aujourd'hui la Perspective, qui est un élément majeur de la résilience.
Finn says:
"Alors, si je ne peux pas empêcher la pluie de gâcher mon pique-nique, je devrais juste décider que j'aime bien manger des sandwichs dans une cabane à l'intérieur ? C'est ça le stoïcisme ?"
Le mot qui a voyagé du bois aux humains
Pendant longtemps, le mot résilience ne décrivait pas du tout les gens. Il vient du mot latin Resilire, qui signifie « sauter en arrière » ou « rebondir ».
Dans les années 1600, les scientifiques l'utilisaient pour décrire comment le bois ou le métal se pliait sous le poids avant de reprendre sa forme initiale. Ils s'intéressaient à la pression qu'une poutre pouvait supporter avant de rompre.
Le mot résilience a été utilisé pour la première fois en anglais en 1626 par un homme nommé Francis Bacon. Il parlait de la façon dont les échos « rebondissent » sur les murs. Il a fallu plus de 200 ans pour que les gens commencent à l'utiliser pour parler de nos sentiments !
Ce n'est que bien plus tard que les médecins et les psychologues ont commencé à se demander : les humains pourraient-ils avoir cette même qualité ? Une personne pourrait-elle vivre une « rupture » dans sa vie et finir par retrouver son équilibre ?
Les psychologues ont commencé à voir que la résilience ne consistait pas seulement à être « dur » comme un rocher. Les rochers sont durs, mais si on les frappe avec un marteau, ils volent en éclats.
Mira says:
"Je trouve le mot « rupture » intéressant. Parfois, quand quelque chose se casse, ça ne reprend pas sa forme originale, mais ça devient quelque chose de nouveau et d'utile d'une autre façon."
La vraie résilience ressemble davantage à un saule. Il est flexible, il plie sous le vent et utilise ses racines pour rester ancré, même pendant un ouragan.
- Elle implique l'Adaptabilité, ou la capacité de changer tes plans quand les choses tournent mal.
- Elle demande de la Force d'âme, qui est un mot élégant pour désigner le courage sur une longue période.
- Elle grandit grâce à la Communauté, car personne n'est résilient tout seul.
Le seau à stress : Imagine que tu as un seau. Chaque fois que quelque chose de stressant arrive (un contrôle difficile, une dispute), on ajoute un peu d'eau. La résilience, c'est comme avoir un robinet au fond du seau. Quels sont tes « robinets » ? Ça pourrait être parler à un ami, dessiner ou aller courir pour évacuer le stress avant que le seau ne déborde.
Trouver un sens dans l'obscurité
L'un des penseurs les plus importants de l'histoire de la résilience était un homme nommé Viktor Frankl. C'était un médecin qui a vécu l'une des périodes les plus difficiles de l'histoire, prisonnier dans des camps pendant la Seconde Guerre mondiale.
Frankl a remarqué quelque chose de curieux chez les gens autour de lui. Ce n'étaient pas toujours les personnes les plus fortes ou les plus rapides qui survivaient le mieux.
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Quand nous ne sommes plus capables de changer une situation, nous sommes mis au défi de nous changer nous-mêmes.
Il a réalisé que les personnes qui avaient un « pourquoi » — une raison de continuer — étaient beaucoup plus résilientes. Certains voulaient revoir leur famille, tandis que d'autres voulaient terminer un livre qu'ils étaient en train d'écrire.
Cela a appris au monde que la résilience est liée au Sens. Quand nous trouvons une raison de continuer à essayer, notre esprit trouve la force d'endurer des choses qui semblaient impossibles auparavant.
La résilience à travers les âges
L'environnement protecteur
Dans les années 1950, un pédiatre nommé Donald Winnicott a examiné la résilience sous un autre angle. Il a étudié comment les bébés et les enfants développent la force de faire face au monde.
Il a imaginé l'idée d'un Environnement Protecteur (ou Holding Environment). Ce n'est pas une boîte physique, mais le sentiment de sécurité procuré par les personnes qui t'aiment.
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Les bases de la santé sont posées par la mère ordinaire dans ses soins affectueux ordinaires envers son propre bébé.
Winnicott pensait que lorsqu'un enfant se sent en sécurité et soutenu, il peut se permettre de prendre des risques. Il peut essayer quelque chose de nouveau, échouer, et savoir que le monde ne va pas s'écrouler.
Certains pensent que la résilience signifie être « dur » et ne jamais montrer qu'on est blessé ou triste. Ils pensent qu'on doit être comme un mur de pierre que rien ne peut traverser.
D'autres croient que la résilience, c'est être flexible. On a le droit de pleurer et d'être triste, tant qu'on finit par trouver un moyen de se relever et de continuer à grandir.
Ce sentiment de sécurité est comme un filet sous un funambule. Savoir que le filet est là permet au marcheur d'être courageux et résilient, même s'il glisse et tombe.
- La résilience se construit quand on nous autorise à faire de petites erreurs.
- Elle grandit quand nous avons au moins une personne qui croit vraiment en nous.
- C'est une compétence qui se renforce chaque fois que nous essayons à nouveau.
Finn says:
"Si la résilience est comme un muscle, ça veut dire que mon cerveau fait une séance de sport chaque fois que je passe une mauvaise journée ? C'est peut-être pour ça que je suis si fatigué après une grosse dispute !"
Est-ce qu'on naît avec la résilience ?
Pendant longtemps, les gens ont pensé qu'on naissait résilient ou qu'on ne l'était pas. Ils appelaient ces enfants « invulnérables », comme s'ils avaient des super-pouvoirs magiques qui les protégeaient de la tristesse.
Aujourd'hui, nous savons que ce n'est pas vrai. La science moderne montre que la résilience ressemble plus à un muscle qu'à un super-pouvoir. On ne peut pas juste souhaiter avoir de gros muscles, il faut soulever des poids pour les construire.
Le bambou est l'une des plantes les plus résilientes sur Terre. Pendant une tempête, il peut plier presque jusqu'au sol sans se casser. Dès que le vent s'arrête, il se redresse d'un coup. Il peut faire cela parce qu'il est creux et possède des sections solides appelées nœuds.
C'est là qu'intervient l'idée de l'État d'esprit de développement (Growth Mindset). Si tu crois que ton cerveau peut apprendre et changer, tu as beaucoup plus de chances de continuer quand un problème de maths devient difficile ou qu'une amitié devient compliquée.
Chaque fois que tu fais face à un défi et que tu trouves un moyen de le traverser, tu modifies littéralement les connexions dans ton cerveau. Tu apprends à ton esprit que « difficile » ne veut pas dire « impossible ».
À méditer
Peux-tu repenser à un moment où quelque chose s'est « cassé » ou a mal tourné pour toi, mais où tu as fini par apprendre quelque chose de nouveau grâce à cela ?
Il n'y a pas de bonne ou de mauvaise réponse. Parfois, le plus beau dans la résilience, c'est de réaliser que même les « ruptures » font partie de ton histoire.
Questions sur Psychologie
Être résilient, ça veut dire que je ne dois pas être triste ?
Comment puis-je aider un ami à devenir plus résilient ?
Est-ce que la résilience, c'est la même chose que le courage ?
Ton propre élastique invisible
La prochaine fois que tu feras face à un défi, rappelle-toi que tu n'es pas juste une personne qui essaie de passer une mauvaise journée. Tu fais partie d'une longue histoire d'humains qui ont appris à plier sans rompre. Que tu trouves ta force dans tes pensées, dans ton « pourquoi » ou dans tes amis, ta résilience est une partie de toi qui ne cesse de grandir.