As-tu déjà eu l'impression que tes émotions étaient une vague géante qui risquait de te renverser ?
Comprendre nos émotions, c'est comme apprendre une langue secrète que notre corps utilise pour nous parler. Dans ce guide, nous explorons l'expérience subjective d'être un humain et comment de grands penseurs à travers l'histoire ont essayé de construire un cadre sécurisant pour nos humeurs les plus intenses.
Imagine que tu es sur une plage. Parfois, l'eau est si calme qu'elle ressemble à un miroir, et d'autres fois, les vagues sont si hautes qu'elles rugissent comme des lions.
Tes émotions sont exactement comme cette eau. Elles bougent constamment, changent de forme et réagissent au monde qui t'entoure.
Imagine que ton esprit est un grand ciel ouvert. Les émotions sont comme des nuages. Certains sont duveteux et blancs, d'autres sont sombres et lourds de pluie. Ils peuvent rester une heure ou une journée entière, mais finit par passer, laissant le ciel exactement comme il était avant.
Pendant longtemps, les gens ne savaient pas trop quoi faire de ces « vagues intérieures ». Certains pensaient que c'étaient des distractions, d'autres que c'étaient des messages envoyés par les dieux.
Mais il y a environ 150 ans, un scientifique nommé Charles Darwin a commencé à regarder les émotions différemment. Il a réalisé que les émotions ne sont pas juste des choses qui nous tombent dessus : ce sont des signaux biologiques qui nous aident à survivre.
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Les jeunes et les vieux de races très différentes, tant chez l'homme que chez l'animal, expriment le même état d'esprit par les mêmes mouvements.
Le savant des sourires
Darwin a remarqué que lorsque les gens ont peur, leurs yeux s'écarquillent. Ce n'est pas juste une grimace au hasard : avoir les yeux grands ouverts nous aide en fait à mieux voir ce qui se passe autour de nous.
Quand quelque chose nous dégoûte, nous fronçons le nez. Cela aide à empêcher les mauvaises odeurs ou les choses dangereuses d'entrer dans notre corps.
Finn says:
"Donc, quand mon cœur bat vite parce que j'ai peur, mon corps essaie en fait de me donner un surplus d'énergie pour courir ou m'aider ? Vu comme ça, c'est moins un « mauvais » sentiment qu'un super-pouvoir !"
Le travail de Darwin nous a montré que les émotions sont comme une boîte à outils. Chaque émotion a un travail à faire, même celles qui sont inconfortables comme la colère ou la peur.
Plus tard, dans les années 1960, un chercheur nommé Paul Ekman a voyagé à travers le monde pour voir si tout le monde ressentait les mêmes choses. Il a rendu visite à des gens dans les grandes villes et à d'autres dans des jungles isolées qui n'avaient jamais vu de télévision.
Il existe des scientifiques qui étudient les « micro-expressions ». Ce sont de minuscules éclairs d'émotion qui traversent ton visage pendant une fraction de seconde : plus vite que tu ne peux y penser ! Ton corps sait souvent comment tu te sens avant même que ton cerveau ne s'en rende compte.
Il a découvert que, que l'on vive à New York ou dans un minuscule village de Papouasie-Nouvelle-Guinée, un sourire signifie la joie et un froncement de sourcils signifie la tristesse. C'est ce qu'on appelle les émotions primaires, et ce sont les couleurs de base de notre pinceau interne.
L'importance de nommer les choses
Si les émotions sont comme des couleurs, il arrive qu'elles se mélangent. As-tu déjà ressenti un mélange de tristesse et de joie le dernier jour d'école, ou été à la fois « excité et nerveux » avant un grand match ?
Les psychologues ont découvert que lorsque nous mettons un nom sur une émotion, cela change réellement notre cerveau. C'est ce qu'on appelle l'étiquetage des émotions, et cela fonctionne comme un variateur de lumière sur une lampe trop brillante.
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L'endroit où nous sommes le plus susceptibles de trouver les choses les plus importantes sur nous-mêmes est dans nos propres sentiments.
Quand tu dis : « Je me sens frustré », ton cerveau déplace l'énergie du « centre de l'alarme » vers le « centre de la réflexion ». Cela rend l'émotion un peu plus gérable et un peu moins semblable à une tempête.
C'est comme allumer une lampe de poche dans une pièce sombre. La pièce n'a pas changé, mais maintenant tu peux voir où sont les meubles pour ne pas trébucher.
La prochaine fois que tu ressens une « grosse » émotion, essaie de lui donner une description physique. Est-elle lourde ou légère ? Est-elle chaude comme un feu ou froide comme un glaçon ? A-t-elle une couleur ? Parfois, décrire l'émotion permet de la voir comme un objet séparé, plutôt que comme quelque chose qui est « toi ».
Créer un espace de sécurité
Parfois, pourtant, nommer l'émotion ne suffit pas. Parfois, l'émotion est si grande qu'on a l'impression qu'elle va exploser.
C'est là qu'intervient un penseur nommé Donald Winnicott. C'était un médecin qui passait beaucoup de temps à observer comment les parents et les enfants se parlent sans utiliser de mots.
Mira says:
"L'idée de Winnicott me rassure. Ça veut dire que quand je fais une grosse crise, les adultes autour de moi sont comme les murs d'une maison solide. Je peux rebondir dessus, et ils seront toujours là quand je serai calmé."
Winnicott a inventé une idée magnifique appelée le cadre sécurisant (ou l'environnement contenant). Il ne parlait pas d'une boîte réelle ou d'un câlin physique, même si les câlins aident beaucoup.
Il parlait d'un sentiment de sécurité où un enfant peut être exactement qui il est : même s'il crie, pleure ou se sent tout « barbouillé » à l'intérieur. Il pensait que pour grandir, nous avons besoin de savoir que nos grandes émotions ne vont pas casser les personnes qui s'occupent de nous.
Quand on se sent mal, on doit essayer de changer d'humeur immédiatement en pensant à des choses joyeuses ou en se distrayant.
Quand on se sent mal, on doit s'asseoir avec l'émotion et être curieux, en sachant qu'elle changera d'elle-même quand elle sera prête.
Accueillir les moments difficiles
Winnicott a également parlé du parent « suffisamment bon ». C'est une idée très réconfortante car elle signifie que personne n'a besoin d'être parfait.
En fait, il pensait qu'il était préférable que les parents ne soient pas parfaits. Quand un parent ne comprend pas tout de suite une émotion, cela donne à l'enfant la chance de la comprendre par lui-même.
Une histoire des sentiments
Ce processus de gestion des grandes émotions s'appelle la régulation émotionnelle. C'est comme apprendre à faire du vélo : au début, tu as besoin de quelqu'un pour tenir la selle, mais finit par trouver ton propre équilibre.
La logique des sentiments
Pendant longtemps, les gens ont pensé qu'être « émotif » était le contraire d'être « logique ». Ils pensaient qu'il fallait choisir l'un ou l'autre.
Mais la science moderne nous montre que nous avons besoin des deux. Sans émotions, nous ne saurions pas ce qui est important pour nous ou en qui nous pouvons avoir confiance.
Le mot « émotion » vient du mot latin « emovere », qui signifie « mettre en mouvement ». Les émotions sont littéralement de l'énergie en mouvement, conçue pour nous traverser et non pour rester bloquée à l'intérieur de nous.
Imagine tes émotions comme une boussole. Elles ne te disent pas exactement où marcher, mais elles t'indiquent où se trouve le Nord.
Si tu ressens une pointe de jalousie, cela te dit peut-être que tu tiens beaucoup à quelque chose qu'un ami possède. Si tu ressens une vague de culpabilité, cela te dit peut-être que tu accordes de l'importance à la gentillesse.
Apprivoiser l'incertitude
L'une des choses les plus difficiles avec les émotions, c'est qu'il n'y a pas toujours de solution rapide. Parfois, on se sent triste pendant longtemps, et on ne sait pas pourquoi.
Un penseur moderne nommé Adam Phillips suggère que nous ne devrions pas être si pressés de « réparer » nos sentiments. Il pense que ne pas savoir exactement ce que l'on ressent est en fait un endroit très créatif.
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Nous sommes souvent le plus nous-mêmes quand nous sommes le plus incertains.
Il appelle cela l'ambivalence, c'est-à-dire quand nous avons deux sentiments différents sur la même chose en même temps. Ce n'est pas une erreur : c'est juste une partie du fait d'être un être humain complexe et intéressant.
Finn says:
"Avant, je pensais que j'étais bizarre d'être triste que l'été soit fini tout en étant excité de retourner à l'école. Maintenant, je sais que l'« ambivalence », c'est juste un mot savant pour dire qu'on a un cœur assez grand pour contenir plein de choses à la fois."
Nous apprenons tous à vivre avec nos émotions chaque jour. Certains jours, le temps est clair, et d'autres jours, il y a du brouillard, et c'est exactement comme cela que ça doit être.
À méditer
Si tes émotions pouvaient parler une langue que toi seul comprends, que penses-tu que ta « tristesse » essaierait de te dire en ce moment ?
Il n'y a pas de mauvaise réponse. Tes émotions sont ta langue privée, et tu es le seul expert capable de dire ce qu'elles signifient.
Questions sur Psychologie
Pourquoi certains sentiments me font-ils mal au ventre ?
Est-ce normal d'être en colère contre quelqu'un que j'aime ?
Combien de temps durent les émotions d'habitude ?
Devenir ton propre meilleur ami
Apprendre à connaître ses émotions, ce n'est pas devenir parfait pour être toujours heureux. C'est apprendre à être un bon ami pour soi-même, même quand on traverse un moment difficile. Tout comme un bon ami reste à tes côtés pendant un orage, tu peux apprendre à rester avec toi-même quelle que soit ta météo intérieure. Tes émotions sont le signe que tu es vivant, curieux et profondément connecté au monde qui t'entoure.